"Je peux entendre (...), je ne suis pas autiste..."

Discrimination, maladresse, insulte ou humour de mauvais goût ? Dans tous les cas, les propos de François Fillon, l'ex-Premier Ministre, laissent perplexes les autistes de France et leurs proches...

Les familles d'autistes sont en colère contre les propos de François Fillon lors de son interview dans le journal de France 2 de Laurent Delahousse.

On se penche ce mardi sur une petite phrase de François Fillon qui provoque de très nombreuses réactions.

Dimanche soir, François Fillon répondait aux questions de Laurent Delahousse, sur le plateau du 20 heures de France 2. Quelques heures après le rassemblement de ses soutiens place du Trocadéro, le candidat de la droite à la présidentielle venait affirmer une fois de plus sa détermination. Et il a eu cette phrase : "Je ne suis pas autiste".

Cette expression, ce terme "autiste", François Fillon l’emploie à quatre reprises dimanche soir.

Une manière pour lui d’exprimer qu’il est capable d’entendre les sceptiques dans son propre camp, qu’il n’est pas enfermé dans sa tour d’ivoire, qu’il n’est pas déconnecté des réalités et qu'il est lucide face aux questions que soulève le maintien de sa candidature. On ne le comprend pas autrement mais il est peut-être justement là le problème.

Dans le même temps, cette expression a immédiatement suscité l’émotion de centaines d’internautes sur les réseaux sociaux. L’apparition d’un hashtag "je suis autiste" sur Twitter et quelques saillies comme celle de Ségolène Neuville, la secrétaire d'État en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, qui qualifiait ce "je ne suis pas autiste" de "faute lourde". Pour elle, ces propos de François Fillon sont la marque "d’un profond mépris pour les personnes qui vivent avec l’autisme". Elles sont 650.000 dans ce cas, en France.